Archives Mensuelles: septembre 2012

Petit guide à l’usage des « débranchés »

Il y a quelques jours, l’agence de communication Havas Media publiait sur le site de partage Slideshare une longue étude marketing de 97 pages se penchant sur une population jusqu’ici ignorée (ou en tout cas ignorée des communicants) : les « débranchés ». Entendez, ceux qui ne se connectent pas ou peu à Internet.

Ca va trancher chérie !

Essaie encore ! Dans « Le Parisien », Inès débranche… le câble d’alimentation de son Mac.

Cette étude, qui se base sur un panel de 412 personnes de plus de 18 ans (selon le document) peut au moins se targuer de disposer d’une base de données plus larges que l’habituelle étude américaine qui fait le bonheur des rédactions. 412 personnes, c’est néanmoins encore très peu. Mais surtout, Havas Media réalise une étude de marketing. Son rôle n’est pas d’étudier scientifiquement une réalité sociale, mais bien de segmenter une population pour en définir des « cibles », qu’elle cherche à faire consommer. Un rôle intéressé et mercantile, à ranger auprès des sondages d’opinion et de leur fiabilité légendaire.

Et pourtant, cette étude va entraîner dans son sillage nombre d’articles reprenant ses conclusions et ses chiffres. Il ne manquait plus que l’illustration. Car oui, avec la multiplication des articles et reportages sur le supposé « phénomène » des supposés « débranchés », personne n’est à l’abri d’un micro-trottoir. Voici donc quelques éléments de langage pour répondre à ce journaliste qui s’extasie benoîtement sur votre capacité à couper votre téléphone.

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[BRÈVE] Obsession porte bien son nom

Évidemment, il fallait en parler. Évidemment, ce n’est pas tous les jours qu’Apple sort un nouveau produit dans cet énorme marché des smartphones, autrefois confidentiel et aujourd’hui hyperconcurrentiel. Évidemment, la notoriété et la renommée de la marque à la pomme font de la couverture médiatique de ses keynotes une obligation (parfois mal vécue) pour tous les journalistes technos.

Mais dans les pages « mode et lifestyle » (sic) du Nouvel Observateur, on ne fait pas les choses à moitié. Jugez plutôt (capture d’écran effectuée ce matin vers 10h) :

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Facebook et les néo-Narcisse : construction médiatique d’un cliché

Plus qu’une icône du high-tech, Facebook est devenu, sous le regard des médias, un fait de société. Retour sur ces experts et ces analyses qui ont fait de la « génération Facebook » un stéréotype sur-utilisé.

« Combien de temps accepterons-nous de nous soumettre à cette dictature du cool de Facebook ? » Le 8 août, Atlantico.fr s’interroge sur la ligne éditoriale du réseau social au travers d’un entretien de deux pages avec l’écrivain Luis de Miranda. Le prétexte ? La suspension de la page Facebook du pure player, coupable d’avoir publié une image du tableau « L’Origine du monde » de Gustave Courbet. La décision n’a rien d’étonnant : elle rappelle une polémique en tous points identiques survenue un an plus tôt. Facebook avait alors décidé de supprimer le compte d’un artiste ayant mis en ligne une image de ce même tableau. Mais l’angle de l’interview qu’Atlantico va choisir de publier, lui, interpelle. Pourquoi adresser ces questions à un écrivain, alors qu’il s’agit d’un point de droit ? Certes, l’article aurait alors été bien plus court. Au lieu de ces deux pages d’élucubrations mystico-philosophiques, il elle se serait résumé à un fait simple : chaque site Web est maître de sa ligne éditoriale, Facebook compris. Mais Atlantico n’entend pas s’attarder sur les faits ; non, ce qui compte, c’est de se livrer à un exercice très à la mode depuis la montée en puissance du réseau social en 2008 : dénoncer l’impact sociétal de Facebook. Et dès la première question, le ton est donné : « L’entreprise de Mark Zuckerberg imposerait-elle à ses utilisateurs une vision du monde sans nuance ni prise en compte de la culture de ses membres ? » Indice : la réponse est dans la question.

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