Archives Mensuelles: novembre 2012

Cyberattaques de l’Élysée : le coupable à tout prix

La une de l'Express

La une de l’Express, tout en loltoshop

Trois mois après que le Télégramme de Brest a révélé les attaques informatiques subies par l’Élysée en mai 2012, l’Express lève le voile sur la nature de cette attaque. Mais malheureusement pour les prophètes de juillet, le hacker n’est ni chinois ni turc. Et malheureusement pour l’Express, ses informations ne sont pas aussi concluantes qu’il le laisse entendre.

 Difficile de passer à côté du « scoop » de l’Express : couverture racoleuse et iconographie reptilienne annoncent une information de la première importance. Tel un serpent, un câble Ethernet enserre l’Élysée, tandis que l’hebdomadaire martèle une sémantique guerrière pour dénoncer la « cyberguerre » menée par des « mercenaires du numérique ». Ces révélations parues dans son édition du 21 novembre 2012 reviennent en fait sur une histoire  déjà traitée sur le blog : le piratage du système informatique du « château » en mai, découvert par le Télégramme de Brest et relayé dans toute la presse en juillet.

 Les Chinois n’ont plus la cote

À l’époque, on savait bien peu de choses sur cette attaque. Dans son article initial (devenu payant), le Télégramme ne disposait que d’éléments partiels : la date (approximative) du piratage, le temps qu’il a fallu pour sécuriser de nouveau le réseau de l’Élysée, et des déclarations d’une source « proche du dossier » indiquant que le coupable pourrait bien être un allié.

Ce « scoop » bien fragmentaire avait alors poussé à la presse à jouer une partition étrange, où elle mettait ces attaques en perspective avec d’autres intrusions, plus anciennes, d’origine chinoise tout en reconnaissant (parfois) que la Chine semblait hors de cause dans ce cas précis (ainsi TF1.fr,  le Journal du Net, ou encore 20minutes.fr). Des supputations à n’en plus finir qui avaient poussées Atlantico à s’avancer encore davantage dans un article intitulé « Exclu : les cyber-attaques sur l’Elysée en provenance de Turquie ». Et d’annoncer fièrement « Selon des informations obtenues par Atlantico, les pirates ayant attaqué l’Elysée au mois de mai ne seraient pas Chinois, ni  Russes mais Turcs. »

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« L’élection la plus tweetée de l’histoire »

Barack Obama, président réélu. Grâce à Twitter ?

Twitter est-il réellement le secret de la réussite d’Obama ?

Explosion de chiffres, déluge de commentaires surexcités : l’élection de Barack Obama et l’annonce de sa victoire directement sur Twitter ont entraîné une pluie d’articles s’enthousiasmant de la nouvelle dimension politique qu’auraient pris les réseaux sociaux, et notamment le site de micro-blogging. Mais les journalistes, si nombreux à utiliser le site, n’auraient-ils pas été victimes de leur propre biais ?

 

« Acteur incontournable », « caisse de résonance très forte»… au lendemain de l’élection présidentielle, les journaux en ligne ne manquaient pas d’adjectifs pour s’extasier de la supposée influence des réseaux sociaux, et de Twitter en particulier, sur la vie politique américaine. Dans « Bits »,  le blog high-tech du New York Times, on parle même de « multiplicateur de force » ; une image militaire employée pour affirmer que le succès de Barack Obama est en large partie dû à son activité sur les réseaux sociaux. Un crédo qui aura trouvé son écho côté français. Aidés par une dépêche AFP fort opportune, la plupart des médias généralistes l’ont claironné de concert : l’élection américaine a été « l’élection la plus tweetée de l’histoire ».

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