Archives Mensuelles: avril 2013

Facebook et la censure, la polémique perpétuelle

Une image de la manifestation des Femen, censurée par Facebook« Censure« , « puritanisme« , « infantilisation«  ! Depuis que Facebook fait respecter une stricte interdiction des images montrant des corps nus, les journalistes n’ont pas de mots assez durs pour qualifier la modération du premier réseau social au monde. Des polémiques aussi récurrentes que stériles, et pour cause : le principe qui motive Facebook est l’un des piliers du Web.

Combien de temps faudra-t-il supporter la déferlante d’articles indignés à chaque fois que Facebook censure une image de nudité ? Dernière résurgence de cette polémique increvable, la suppression d’une photo postée par le compte Facebook de l’Agence France-presse. Sur le cliché, poing levé, une Femen à demi nue se faisait agresser par un homme, non loin de la grande mosquée de Paris devant laquelle le groupe féministe manifestait. La décision de Facebook n’est motivée ni par la violence du cliché, ni par la nature de la cause, mais par la nudité du sujet. Le plus grand réseau social du monde se réserve  en effet le droit de supprimer les contenus qu’il juge inappropriés.

L’AFP connaît parfaitement les règles qui prévalent sur Facebook. Comme tous les grands médias français, elle sait utiliser le réseau social comme un outil pour élargir son audience. Comme tous les grands médias, elle a renforcé ses équipes avec des « social media editor », ces journalistes spécialisés dans les réseaux sociaux, chargés de prendre en main ces « nouveaux » canaux de diffusion que sont Twitter, Tumblr, Pinterest et, évidemment, Facebook. Et pourtant, elle a sciemment décidé d’aller à l’encontre de ces règles, pleinement consciente Lire la suite

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LES ANONYMOUS, POMPE À CLICS ?

Kim Jong-Un, pastiché par les AnonymousRemarqués pour leur engagement contre la scientologie, sacralisés par leur défense acharnée de Wikileaks, les Anonymous se sont imposés dans le paysage médiatique high-tech. Aujourd’hui, les actions d’envergure menées par le collectif se font rares. Ce qui n’empêche pas les journalistes de systématiquement les relayer, aussi insignifiantes soient-elles.

C’est la dernière « news à clic » qui tombe à pic : les Anonymous ont déclaré la guerre à la Corée du Nord. Le collectif de « hacktivistes » (contraction de hackers et activistes) a ainsi publié, le 3 avril 2013, une liste d’exigences  à l’égard du régime de Pyongyang, réclamant, dans des termes qui frisent le ridicule, la démission de Kim Jong-Un, l’avènement d’une démocratie directe, l’abandon du programme militaire nord-coréen ou encore un accès libre et illimité à Internet pour l’ensemble des citoyens du pays. Si ces demandes devaient rester lettre morte, Anonymous promet de paralyser les réseaux de communication du pays.

La menace a de quoi faire sourire. La Corée du Nord est notoirement l’un des pays les moins connecté au monde. Les Anonymous seraient-ils les seuls à l’ignorer ? Dans leur texte, ils lancent des menaces frappantes de candeur : « nous sommes dans votre intranet. Nous sommes dans vos serveurs e-mails. Nous sommes dans vos serveurs web.  D’abord nous allons effacer vos données, puis nous effacerons votre « gouvernement  » dictatorial de gros durs (sic). » Le 4 avril 2013, le collectif n’en passe pas moins à l’attaque. Et ce qu’ils parviennent à accomplir laisse songeur. En guise de paralysie, les hacktivistes annoncent avoir réussi à hacker les comptes Twitter et Flickr de l’agence officielle Uriminzokkiri. Ils ont ainsi pu y poster photos et montages pastichant Kim Jong-Un en cochon, ou montrant les masques du film « V pour Vendetta », emblématiques du mouvement. Le groupe s’est également fendu d’un second communiqué où il projette de déverser « des chatons et du porno » sur l’intranet du pays ; chatons et porno qui sont, comme chacun le sait, les deux piliers fondamentaux d’une démocratie directe dénucléarisée…

Quelles seront les conséquences de ces actions ? Selon tout vraisemblance, elles seront nulles, ou presque. Lire la suite

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