Archives de Catégorie: Monstres sacrés

Facebook et la censure, la polémique perpétuelle

Une image de la manifestation des Femen, censurée par Facebook« Censure« , « puritanisme« , « infantilisation«  ! Depuis que Facebook fait respecter une stricte interdiction des images montrant des corps nus, les journalistes n’ont pas de mots assez durs pour qualifier la modération du premier réseau social au monde. Des polémiques aussi récurrentes que stériles, et pour cause : le principe qui motive Facebook est l’un des piliers du Web.

Combien de temps faudra-t-il supporter la déferlante d’articles indignés à chaque fois que Facebook censure une image de nudité ? Dernière résurgence de cette polémique increvable, la suppression d’une photo postée par le compte Facebook de l’Agence France-presse. Sur le cliché, poing levé, une Femen à demi nue se faisait agresser par un homme, non loin de la grande mosquée de Paris devant laquelle le groupe féministe manifestait. La décision de Facebook n’est motivée ni par la violence du cliché, ni par la nature de la cause, mais par la nudité du sujet. Le plus grand réseau social du monde se réserve  en effet le droit de supprimer les contenus qu’il juge inappropriés.

L’AFP connaît parfaitement les règles qui prévalent sur Facebook. Comme tous les grands médias français, elle sait utiliser le réseau social comme un outil pour élargir son audience. Comme tous les grands médias, elle a renforcé ses équipes avec des « social media editor », ces journalistes spécialisés dans les réseaux sociaux, chargés de prendre en main ces « nouveaux » canaux de diffusion que sont Twitter, Tumblr, Pinterest et, évidemment, Facebook. Et pourtant, elle a sciemment décidé d’aller à l’encontre de ces règles, pleinement consciente Lire la suite

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LES ANONYMOUS, POMPE À CLICS ?

Kim Jong-Un, pastiché par les AnonymousRemarqués pour leur engagement contre la scientologie, sacralisés par leur défense acharnée de Wikileaks, les Anonymous se sont imposés dans le paysage médiatique high-tech. Aujourd’hui, les actions d’envergure menées par le collectif se font rares. Ce qui n’empêche pas les journalistes de systématiquement les relayer, aussi insignifiantes soient-elles.

C’est la dernière « news à clic » qui tombe à pic : les Anonymous ont déclaré la guerre à la Corée du Nord. Le collectif de « hacktivistes » (contraction de hackers et activistes) a ainsi publié, le 3 avril 2013, une liste d’exigences  à l’égard du régime de Pyongyang, réclamant, dans des termes qui frisent le ridicule, la démission de Kim Jong-Un, l’avènement d’une démocratie directe, l’abandon du programme militaire nord-coréen ou encore un accès libre et illimité à Internet pour l’ensemble des citoyens du pays. Si ces demandes devaient rester lettre morte, Anonymous promet de paralyser les réseaux de communication du pays.

La menace a de quoi faire sourire. La Corée du Nord est notoirement l’un des pays les moins connecté au monde. Les Anonymous seraient-ils les seuls à l’ignorer ? Dans leur texte, ils lancent des menaces frappantes de candeur : « nous sommes dans votre intranet. Nous sommes dans vos serveurs e-mails. Nous sommes dans vos serveurs web.  D’abord nous allons effacer vos données, puis nous effacerons votre « gouvernement  » dictatorial de gros durs (sic). » Le 4 avril 2013, le collectif n’en passe pas moins à l’attaque. Et ce qu’ils parviennent à accomplir laisse songeur. En guise de paralysie, les hacktivistes annoncent avoir réussi à hacker les comptes Twitter et Flickr de l’agence officielle Uriminzokkiri. Ils ont ainsi pu y poster photos et montages pastichant Kim Jong-Un en cochon, ou montrant les masques du film « V pour Vendetta », emblématiques du mouvement. Le groupe s’est également fendu d’un second communiqué où il projette de déverser « des chatons et du porno » sur l’intranet du pays ; chatons et porno qui sont, comme chacun le sait, les deux piliers fondamentaux d’une démocratie directe dénucléarisée…

Quelles seront les conséquences de ces actions ? Selon tout vraisemblance, elles seront nulles, ou presque. Lire la suite

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L’irrésistible tropisme californien

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Google-killer, Facebook-killer, iPhone-killer : les journalistes high-tech, très souvent amenés à présenter de nouveaux services ou de nouveaux produits, n’hésitent pas à se servir des géants de la Silicon Valley comme d’une béquille pour mieux accrocher leurs lecteurs… au risque de sombrer dans les comparaisons hâtives, voire franchement fantaisistes.

Qui tuera les titans de la Silicon Valley ? À force de célébrer le couronnement des Google, Apple, Amazon, Samsung ou Facebook, la presse high-tech n’en finit pas de leur chercher des adversaires. Dernier David déniché pour contrer ces Goliaths, Qwant, un moteur de recherche français que la presse plaçait dans l’arène face à Google, maître quasi-absolu du secteur. Dans les titres de la presse, l’heure du face à face semblait avoir déjà sonné : « Comment un nain français veut terrasser Google » (Challenge, 14/02), Qwant : un moteur de recherche titille Google (ITespresso, site spécialisé,  14/02) « Tremble, Google, tremble ! » (la têtière d’Atlantico, le 16/02). L’enthousiasme est alors un rien  prématuré : Qwant n’était qu’en phase de bêta-test, une étape du développement qui sert à détecter les bugs. Qu’importe, les médias sont friands de ces histoires de petit poucet affrontant un ogre, d’autant plus si le héros est français et l’ogre l’un des fleurons américains.

Le procédé est loin d’être exceptionnel. Ainsi, quelques jours avant la sortie de Qwant, le Figaro titrait  Lire la suite

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Qui veut la peau de Kim Dotcom ?

Kim DotcomLorsque le médiatique fondateur de Megaupload lance son nouveau service, baptisé Mega, la presse high-tech grince des dents et passe à l’attaque… Mais que vaut à Kim Dotcom tant de méfiance, voire d’hostilité ?

Le 19 janvier, soit un an après son arrestation pour association de malfaiteurs, Kim Dotcom, le fondateur de Megaupload, annonçait l’ouverture de son nouveau service de téléchargement, Mega. Auréolé de sa double gloire de créateur de l’un des plus célèbres services de téléchargement au monde et de  grand résistant face à la très puissante Motion pictures of america association (qui représente les intérêts des ayants-droits aux USA) l’entrepreneur avait les moyens de mettre sur pied un évènement d’ampleur mondiale. Ce lancement en fanfare n’était rien de moins que l’aboutissement d’une campagne médiatique d’un an savamment orchestrée, mêlant tweets provocateurs, promesses alléchantes, autopromotion forcenée et un véritable show en guise de conférence de presse finale ; l’homme d’affaires germano-finlandais allant jusqu’à simuler une fausse attaque du FBI, opposant les agents à une armée de gardes du corps pulpeuses sur fond de musique techno.

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« L’élection la plus tweetée de l’histoire »

Barack Obama, président réélu. Grâce à Twitter ?

Twitter est-il réellement le secret de la réussite d’Obama ?

Explosion de chiffres, déluge de commentaires surexcités : l’élection de Barack Obama et l’annonce de sa victoire directement sur Twitter ont entraîné une pluie d’articles s’enthousiasmant de la nouvelle dimension politique qu’auraient pris les réseaux sociaux, et notamment le site de micro-blogging. Mais les journalistes, si nombreux à utiliser le site, n’auraient-ils pas été victimes de leur propre biais ?

 

« Acteur incontournable », « caisse de résonance très forte»… au lendemain de l’élection présidentielle, les journaux en ligne ne manquaient pas d’adjectifs pour s’extasier de la supposée influence des réseaux sociaux, et de Twitter en particulier, sur la vie politique américaine. Dans « Bits »,  le blog high-tech du New York Times, on parle même de « multiplicateur de force » ; une image militaire employée pour affirmer que le succès de Barack Obama est en large partie dû à son activité sur les réseaux sociaux. Un crédo qui aura trouvé son écho côté français. Aidés par une dépêche AFP fort opportune, la plupart des médias généralistes l’ont claironné de concert : l’élection américaine a été « l’élection la plus tweetée de l’histoire ».

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Bug Facebook : quand la machine médiatique se nourrit de ses propres créations

Le mème FacebookTel un feu de paille, l’affaire du supposé « bug Facebook » a enflammé les rédactions pour s’éteindre tout aussi rapidement. Avec une certitude : jamais les ressorts médiatiques n’ont été aussi visibles.

 

Avant de commencer, le rappel des faits :

  •  Lundi 24 septembre, dans l’après-midi, le journal Metro publie ce qu’il croit être un scoop : des messages privés, antérieurs à 2009, apparaîtraient publiquement sur les « timelines », c’est-à-dire les pages de certains utilisateurs de Facebook. L’information se répand d’abord sur les réseaux sociaux, avant d’être reprise dans la soirée par les sites d’information.
  • Dans la soirée puis dans la nuit, les journaux américains interrogent Facebook, qui publie un communiqué démentant tout incident technique, indiquant que cette publication est normale. Le réseau social soutient que la communication, avant 2009, se faisait de « mur à mur », ce qui expliquerait que ces informations apparaissent dans les timeline de ses utilisateurs.
  • Mardi 25 septembre, Fleur Pellerin, ministre à l’économie numérique, et Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, n’acceptent pas les explications de Facebook et saisissent la commission nationale informatique et libertés (CNIL) qui entend les responsables de Facebook France dans la soirée.
  • Dans la soirée, la CNIL annonce qu’elle a besoin d’investigations complémentaires pour statuer sur la réalité ou non d’une atteinte à la vie privée des membres du réseau social.
  • Une semaine plus tard, le 2 octobre, la CNIL conclut que les messages publiés sur les «timelines» ne sont pas des messages privés (envoyés via l’application ad hoc) mais des messages mur-à-mur (wall to wall) autrefois privés.

Il serait parfaitement vain de retracer exhaustivement la couverture médiatique de l’affaire du « bug Facebook ». En deux semaines, une véritable pluie d’articles de tous types s’est abattue sur Internet, dans la presse écrite, à la radio comme à la télévision. Pour qui s’attache à la critique de l’espace médiatique, l’affaire est passionnante : du scoop au canular, les étapes de la digestion médiatique sont apparues au grand jour.

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[BRÈVE] Obsession porte bien son nom

Évidemment, il fallait en parler. Évidemment, ce n’est pas tous les jours qu’Apple sort un nouveau produit dans cet énorme marché des smartphones, autrefois confidentiel et aujourd’hui hyperconcurrentiel. Évidemment, la notoriété et la renommée de la marque à la pomme font de la couverture médiatique de ses keynotes une obligation (parfois mal vécue) pour tous les journalistes technos.

Mais dans les pages « mode et lifestyle » (sic) du Nouvel Observateur, on ne fait pas les choses à moitié. Jugez plutôt (capture d’écran effectuée ce matin vers 10h) :

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